J’ai la poisse en voyage…mais j’insiste et je repars quand même (4/6)


Quelques mots sur l’auteure – Pascale Luca :
J’ai découvert que j’aimais voyager à 26 ans, lorsque sur un coup de tête je suis partie avec des amis un mois en Indonésie. C’était il y a plus de 11 ans, et depuis j’ai refait mon sac à dos chaque fois que je le pouvais, malgré un tempérament anxieux et une peur irrationnelle de l’avion. Au rythme d’un ou deux voyages par an j’ai accumulé beaucoup de bons souvenirs. Et, comme tout le monde, j’ai connu quelques galères, parfois cocasses, parfois stressantes, mais qui se sont toujours bien terminées. J’espère réussir à vous faire sourire en vous les racontant ici.

 

Episode 4 : Au Guatemala, j’ai cherché à éviter un ouragan

 

C’était juste après les inondations au Bélize et la perte de ma carte bleue. (cf. « Au Belize j’ai bien cru que j’allais me noyer » puis « Au Guatemala on m’a volé ma carte de bleue). On pensait avoir payé notre tribut à la météo, j’avais eu une belle frayeur et de nouvelles histoires à raconter. Trop facile, on n’allait pas s’en tirer comme ça.

Nous étions donc à Caye Calker. Maisons en bois de toutes les couleurs, hamacs, rues en sable, poissons grillés au barbecue… On avait du mal à redécoller, mais en discutant avec une américaine on apprend qu’un ouragan est attendu pour la semaine suivante. Vu que l’île est minuscule, plate, et promise à disparaître un jour justement sous l’effet d’un ouragan, autant éviter d’être là quand ça se produira. Retour donc au Guatemala en passant par Floères où je perds / on me vole ma carte bleue, et point de chute à Livingston, petite ville dont la particularité est de n’être accessible que par l’eau : un fleuve et la mer.

 

Je percute deux jours plus tard que Livingstone est en face du Bélize, et vraiment pas loin. Donc si ouragan il y a et qu’il doit passer par le Bélize, il y a de forts risques que Livingston soit également touchée. Histoire de me rassurer, je file au cyber-café essayer de prendre des nouvelles du temps. Mauvaise pioche : j’y trouve un mail d’un ami brésilien un tant soit peu alarmiste : « Vous êtes sur la trajectoire d’un cyclone force 5 qui vient de faire plein de morts au Vénézuela et se dirige vers le Guatemala, on s’inquiète, donnez des nouvelles svp ». Gloups.

Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de chercher des infos météo quand vous êtes au Guatemela et que vous ne parlez pas espagnol, mais c’est un vrai défi. Première source évidente : les habitants. Sauf que quand on leur demande si l’ouragan va passer par là, leur réponse est unanime : « Dieu seul le sait ». Ah.

 

Bon, 2e tentative, les sites internet en anglais / français. Pour les sites européens ou américains, le Guatemala est un tout petit pays, un tout petit point sur la carte, et l’ouragan un énorme cercle. Pas moyen de bien comprendre où il va passer exactement. Mais une chose semble acquise : il va bien passer ! Et vu que la ville est entourée d’eau, il vaut mieux partir.

Pas grave, c’est l’occasion de faire un saut au Honduras, il y a des ruines mayas qu’on voulait voir mais qu’on avait fini par zapper manque de temps.

 

Ah et puis puisque je suis au cyber-café, j’en profite pour rassurer ma mère. Déjà qu’elle a dû faire opposition sur ma carte, si en plus elle entend parler d’un ouragan elle va frôler l’infarctus. Donc message clair : Maman, si tu entends parler d’un ouragan au Guatemala, surtout ne t’inquiète pas, nous partons au Honduras ». Voilà, ça c’est fait.

Au petit matin, nous quittons Livingston en même temps que les quelques touristes présents, alors que les habitants clouent portes et fenêtres. Ambiance. Traversée jusqu’à la ville, et bus direction le Honduras. Quelques heures de route et arrêts plus tard, un gamin s’assoit devant nous et ouvre un journal. Pile poile sur la page avec le schéma de la trajectoire de l’ouragan, l’info qu’on cherchait depuis 2 jours ! On lui emprunte. Pour découvrir avec stupeur que ce foutu ouragan se dirige droit… vers le Honduras, bordel de merde !

Bon, ben on est descendu à l’arrêt d’après, et on a changé de direction pour retrouver Antigua, dans les montagnes. On y avait déjà passé 2 jours en début de voyage, mais au moins c’était dans les montagnes, à l’abri de l’eau et du vent.

 

 

Conclusion : le temps d’y arriver et de trouver un téléphone, ma mère avait déjà vu aux infos que tous les touristes étaient évacués du Honduras. Et nous, comme on avait déjà visité Antigua en long en large et en travers et qu’on avait trois jours à y tuer, on a pris des cours d’espagnol.

 

Et on a fait quelques chouettes photos.

 

 

 

A bientôt pour de prochains épisodes !

Pascale

 

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