J’ai la poisse en voyage…mais j’insiste et je repars quand même (3/6) 2


Quelques mots sur l’auteure – Pascale Luca :
J’ai découvert que j’aimais voyager à 26 ans, lorsque sur un coup de tête je suis partie avec des amis un mois en Indonésie. C’était il y a plus de 11 ans, et depuis j’ai refait mon sac à dos chaque fois que je le pouvais, malgré un tempérament anxieux et une peur irrationnelle de l’avion. Au rythme d’un ou deux voyages par an j’ai accumulé beaucoup de bons souvenirs. Et, comme tout le monde, j’ai connu quelques galères, parfois cocasses, parfois stressantes, mais qui se sont toujours bien terminées. J’espère réussir à vous faire sourire en vous les racontant ici.

 

Episode 3 : Au Guatemala, j’ai perdu / on m’a volé ma carte bleue

 

Ca, c’était juste après les inondations (cf « Au Bélize j’ai bien cru que j’allais me noyer »).

J’avais toujours mis mon point d’honneur à partir sans mon portable (« les vacances c’est les vacances, je ne pars pas au bout du monde pour être reliée à Paris par un téléphone »). Et j’étais très fière de ma nouvelle organisation : pour être hyper safe, je partais avec deux cartes bleues. Je venais de payer une AmEx, la vraie carte des vrais voyageurs, celle qui allait me permettre de voyager tellement plus sereinement.

C’était sans compter le Guatemala et ses 8 heures de décalage horaire.

 

A force de s’arrêter dans des coins reculés ou sur une île minuscule, l’argent liquide s’est épuisé, il ne nous restait plus grand chose avant d’être à sec. Heureusement, nous tenons jusqu’à Florès, une « vraie » ville avec des DAB. Le premier que nous trouvons est en panne. Enfin, c’est ce que nous dit un jeune homme qui sort du sas et propose gentiment de nous guider jusqu’au prochain. Encore plus gentiment, une fois arrivés, il nous propose de passer devant lui, il a le temps. J’insère ma carte, tape mon code, et là, une de mes grandes angoisses de voyage se réalise : ma carte ne ressort pas. Toujours aussi aimable, le jeune homme nous explique qu’il faut appeler un numéro, donner le code et la carte va ressortir. C’est dingue comme on ne percute pas sur l’arnaque la plus évidente en situation de stress. Car bien sûr, comme nous n’avons pas de téléphone, le jeune homme sort le sien et compose obligeamment le numéro pour nous. Ah, j’ai omis de préciser un fait majeur : ni mon ami ni moi ne parlons espagnol, on baragouine vaguement grâce à la lecture rapide de la méthode Assimil. Qu’à cela ne tienne, le jeune homme va traduire pour nous, nous n’avons qu’à lui donner le code. A ce moment, on reprend nos esprits, et on commence à se dire que ça sent le louche tout ça. On part en vitesse trouver un cyber café pour faire opposition. 20 minutes de marche sous un soleil de plomb, on y arrive, et j’appelle le central bancaire pour faire opposition. Pas de soucis, c’est bien noté me dit-on, mais surtout appelez tout de suite votre banque pour confirmer. Ca va être compliqué, il est samedi 14h au Guatemala, 22h en France, ma banque est fermée, et ce jusqu’au mardi. Je leur envoie donc un mail. Et puis, j’ai mon AmEx, je vais donc pouvoir récupérer de l’argent. Bah non, en fait. Ou plutôt, je pourrais, mais à un seul endroit : Guatemala City, à 10 heures de car, pas du tout dans la direction où on va.  Merde ! Mon AmEx est jolie et chère mais peu utile sur ce coup-là.

 

Le lendemain, on repart, de toute façon il n’y a rien que je puisse faire avant mardi. A Livingston, notre étape suivante, je me rue sur un ordinateur… pas de réponse de la banque à mon mail. Une seule solution, les appeler. Oui, mais à Livingstone il n’y a qu’un seul téléphone, dans une épicerie dont les horaires d’ouverture ne coïncident évidemment pas avec ceux de ma banque. Piteusement, je me résous à envoyer un long mail à ma mère (qui arrête de respirer dès qu’on part en voyage et ne reprend son souffle que lorsque nous avons posé le pied à Roissy), pour lui dire que tout va bien, le voyage est formidable, les guatémaltèques merveilleux, ps, si tu peux appeler ma banque pour confirmer mon opposition ce serait génial, mais tout va bien, ne t’en fais pas.

 

Je ne me souviens plus trop quand ni où, mais mon ami a réussi à retirer de l’argent, et comme on n’était plus très loin du retour, on a réussi à tenir avec ça.

 

Conclusion, j’ai stressé jusqu’à la fin du voyage : mon opposition avait-elle bien été enregistrée et dans quel état allais-je trouver mon compte en rentrant ? Depuis, je pars avec mon téléphone portable, ça m’évite de devoir demander à maman d’appeler ma banque.

 

Mais ça ne m’a pas empêchée de prendre quelques photos.

 

 

 

A bientôt pour de prochains épisodes !

Pascale

 


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