J’ai la poisse en voyage…mais j’insiste et je repars quand même (2/6) 4


Quelques mots sur l’auteure – Pascale Luca :
J’ai découvert que j’aimais voyager à 26 ans, lorsque sur un coup de tête je suis partie avec des amis un mois en Indonésie. C’était il y a plus de 11 ans, et depuis j’ai refait mon sac à dos chaque fois que je le pouvais, malgré un tempérament anxieux et une peur irrationnelle de l’avion. Au rythme d’un ou deux voyages par an j’ai accumulé beaucoup de bons souvenirs. Et, comme tout le monde, j’ai connu quelques galères, parfois cocasses, parfois stressantes, mais qui se sont toujours bien terminées. J’espère réussir à vous faire sourire en vous les racontant ici.

 

Episode 2 : Au Belize, j’ai bien cru que j’allais me noyer

J’ai toujours pensé que les galères de météo c’était pour les autres. Bon, d’accord, Août n’est pas la meilleure saison pour partir en Amérique centrale car c’est la période des ouragans, mais ce genre de plan foireux en voyage n’arrive qu’aux autres, et puis bon, au pire ça fera des souvenirs à raconter me disais-je.

Depuis, j’ai révisé mon jugement.

Après 10 jours de crapahutage au Guatemala (dont quelques un fort pluvieux, nous étions arrivés juste après un ouragan, on avait le droit à la queue du cyclone), cap sur Caye Calker, une île de rêve au large du Belize. Sept kilomètres de long, même pas un de large, que du sable, pas de route, le paradis. Il fallait juste traverser le Belize pour y arriver, l’un des pays les plus dangereux d’Amérique centrale.

Nous quittons Tikal et le Guatemala tôt le matin à bord d’un minibus, passons la frontière et roulons droit vers Belize City où se trouve l’embarcadère. Info rigolote (ou non, d’ailleurs), le Bélize est à ma connaissance l’un des rares pays à être situé SOUS le niveau de la mer. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons du but, le temps se gâte, un orage impressionnant se déchaine et nous assistons à la montée des eaux. Pour qui ne l’a jamais vécu, c’est fascinant de voir à quelle vitesse l’eau peut monter. Très vite, on aperçoit par les fenêtres du minibus des voitures qui dérivent sur la route, laissées à l’abandon par leurs chauffeurs. Première frayeur : le minibus tombe en panne, un peu au milieu de nulle part. Quelques coups de clé anglaise plus tard, il repart, au grand soulagement de tous les passagers. La pluie décroit, et le chauffeur parvient à nous mener jusqu’à l’embarcadère, dans une Belize city inondée. L’embarcadère l’est tout autant. Dilemme : est-ce qu’on prend le bateau sous l’orage et dans le brouillard ou est-ce qu’on tente de trouver un hôtel dans la ville, sachant que tous les guides et les voyageurs sur les forums conseillent d’éviter à tout pris d’y rester, et si par malheur on n’a pas le choix de faire autrement, tous sont unanimes : « surtout, verrouillez la porte de votre chambre et barricadez-vous, il est fréquent que les chambres d’hôtel soient visitées la nuit. » La peur de l’agression l’emporte sur la peur de l’orage, c’est décidé, nous prenons le bateau.

Nous voilà une vingtaine sous la pluie battante, piteux sous nos capes de pluie, serrés les uns contre les autres dans ce petit bateau qui avance vaille que vaille. Mieux vaut regarder ses pieds que l’horizon : on ne voit que le brouillard et par intermittence des éclairs. D’autant moins rassurant que les 3 « conducteurs » du bateau alternent entre conciliabule penchés sur un mini-compas, tentative pour scruter le fond de la mer puis le ciel. Mais putain, pourquoi ils regardent le ciel et la mer, on ne voit RIEN ! On est perdus ou quoi ? En plus, le trajet est censé durer une demi-heure et ça fait quasiment trois quarts d’heure qu’on est partis. Je tente vaillamment de me rassurer en me disant :

1. S’ils ont pris la mer, c’est qu’ils savent ce qu’ils font

2. Ils doivent faire ce trajet je ne sais combien de fois par jour, ils le connaissent par cœur.

Théorie immédiatement mise à mal par un bateau très semblable au nôtre et transportant également des touristes qui sort tout à coup du brouillard et se met à nous suivre car il est perdu.

J’avoue, j’ai bien pensé quelques minutes qu’on allait tous mourir noyés ou déchiquetés par des requins.

Juste avant que mon hystérie prenne le dessus, le brouillard s’est déchiré d’un coup, pour révéler quantité d’ilôts et surtout sous le soleil, Caye Calker, ses cabanes sur pilotis, ses cocotiers et ses pélicans.

 

Conclusion : comme mon sac à dos avait pris la pluie dans le bateau, mes fringues et mes livres ont mis trois jours à sécher. Quant à mon mec, il s’est bien foutu de moi car lui, ce voyage, ça l’a éclaté ! Et maintenant, dès qu’un orage un peu violent éclate, j’avoue que je ne suis pas rassurée.

 

Je m’en fous, j’ai quand même pris quelques chouettes photos !

 

 

 

A bientôt pour de nouveaux épisodes !

Pascale

 


Laissez un commentaire

4 commentaires sur “J’ai la poisse en voyage…mais j’insiste et je repars quand même (2/6)