Constant nous embarque…Témoignage Explorateur n°2


Découvrez le récit de notre explorateur de Novembre ! Après Benjamin au Venezuela, Constant nous embarque à bord d’une courte traversée Atlantique quelque peu mouvementée…Cher lecteur, si tu n’es pas voileux, un tout nouveau vocabulaire s’ouvre à toi :).

 

IMG_0640-6« Notre périple nous a porté de Port du Crouesty dans le Morbihan jusqu’à Madère, au large de l’Afrique, avec une escale non prévue mais nécessaire à Gijon- La Corogne en Galice. Quelques infos sur l’équipage : nous étions 3 pour cette traversée : un skipper de 49 ans et deux équipiers de 24 ans dont moi-même. Notre bateau était un voilier typé pour la course au large: un Pogo 10.50. Ce voilier de plus de 10 mètres pèse 3 tonnes, ce qui est très léger pour sa longueur. Il a été équipé par son propriétaire pour un tour du monde en solitaire. Dès l’arrivée, j’ai été très étonné, il était plus bas que tous les autres bateaux de sa catégorie, un bateau sportif et physique… »De belles promesses de performance en pleine mer » j’ai pensé !

 

Ce voyage, pour moi, c’était ma première vraie grande navigation hauturière. J’étais très exalté.

Notre première étape : La Corogne, non loin du Cap Finistère en Espagne.

 

DCIM100GOPRODès notre départ, au passage du Sud de Belle Ile, nous tombons sur un vent Nord Ouest de 25 nœuds qui forme une mer houleuse, merci la belle dépression des Açores.. Tout se passe relativement bien à bord en dehors de l’absence de notre premier équipier qui n’a pas pu embarquer suite à un problème de timing… Nous filons plein travers. Au fil de la journée, le clapot des vagues se met à croître et tape la coque de plus en plus fort, provoquant parfois de superbes gerbes d’eau et faisant du cockpit une véritable piscine. Les premières heures de navigation annoncent une traversée du Golf de Gascogne plutôt fatigante et humide. La houle continue de se creuser formant des vagues de plus de 4m de haut, faisant des jeux d’ombres impressionnants lors du couché de soleil. Parfois quelques marsouins apparaissent dans les creux des vagues, s’approchant du bateau pour jouer avec nous. Un beau spectacle que j’ai réussi à filmer !

 

 

IMG_1654_3Nous étions prévenus de la difficulté du Golf de Gascogne réputé pour être dangereux et inhospitalier. Pour nous, ce golf fut un véritable enfer. Houle croisée – courant et vent variable. Alors que la nuit tombe, le vent monte fortement jusqu’à des rafales à plus de 40 nœuds provoquant une gite du bateau de plus de 30°. A cause du vent instable, nous cassons l’enrouleur du génois déployant toute la toile à 3h du matin pendant les quarts des équipiers. Il faut vite réduire la toile: affaler le génois en prenant des trombes d’eau sur la tête et gréer la trinquette (petite voile pour le gros temps) (dans ces conditions, gilet de sauvetage et ligne de vie sont de rigueur pour tous les équipiers) et nous en profitons pour prendre un deuxième ris dans la grand voile afin d’abaisser la surface de toile pour limiter la gite du bateau. (Un petit recap des différents types de voile en bas de cet article). Une fois le problème résolu, nous restons tous à veiller dans le cockpit, scrutant l’anémomètre au cas où il faudrait réagir vite. Cette première nuit fut très éprouvante et l’ambiance à bord tout de suite mise à l’épreuve…

 

DCIM100GOPROLe deuxième jour, le vent retombe à 25 nœuds passant Ouest Sud-Ouest et nous oblige à faire un long bord de près très fatiguant. Au vue de la difficulté de la mer, nous faisons le choix raisonnable de mettre le cap sur Gijon. Le bateau tape toujours dans les vagues. Les vagues sautent au dessus du pont et le bateau enfourne parfois nous ramenant des litres d’eau dans le cockpit. Il est parfaitement impossible de nous sécher dans de telles conditions.

 

Après une seconde nuit en mer bien agitée, nous arrivions à Gijon à 5h du matin lessivés et trempés jusqu’aux os. Tout l’intérieur du bateau est rempli d’eau de mer, à tel point que l’on doit éponger et écoper le fond des planchers. Nous y ferons escale plus longtemps que prévu puis repartirons frais et reposés pour Madère dans de bien meilleures conditions météo.

 

Dans ce IMG_0641-5genre de voyage, emporter avec soi un sac étanche qui garde vos affaires vraiment au sec n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Pour ma part, je m’étais équipé d’un sac de 40L Hummingbird qui a conservé mes affaires au sec ainsi que mon ordinateur et mon téléphone. Ce sac est pratique, peu encombrant une fois plié, et il possède une belle capacité de stockage pour des voyages de 2 semaines.  Je le conseille à tout voyageur qui envisage une sortie en zone humide tels qu’en milieu marin ou en zone tropicale, réputée pour les averses diluviennes.

 

Bon voyage et bon vent!

Constant Noblet, navigateur bien équipé »

 Les voiles

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